L'un de nos axes de travail est le langage oral en cycle 2.
La problématique des CP était qu'une majorité des élèves ne maitrisait pas le lexique de base pour comprendre ce qui se passait en classe, ou n'était pas capable de construire des phrases correctes. C'est encore difficile, mais on a pu voir que c'était vraiment un domaine pour lequel le travail payait, et payait vite!
Je vous avais parlé de la séquence autour des véhicules et du langage de position ici. Peut-être qu'un jour ma super collègue de CP vous écrira un petit quelque chose sur ce qu'elle a mis en place dans sa classe de son côté...
Pour les CE1, les difficultés n'étaient pas du même ordre. Il s'agit d'élèves qui ont le lexique de base, mais ont du mal à s'exprimer quand il faut aller plus dans le détail. Ces élèves avaient également tendance à être peu productifs à l'oral, ne prenant pas "de risque".
Ma collègue travaillait déjà l'an passé avec l'outil "Compréhension" de La Cigale, qui se situe dans le champ de la compréhension écrite. Mais la majeur partie du travail s'effectuait finalement à l'oral, tant il fallait "déblayer" le terrain en langage.
Donc cette année, elle continue avec cet outil, et en parallèle je propose un travail exclusivement oral, dans lequel les objectifs sont aussi bien syntaxiques que lexicaux, en production, mais aussi en réception. Il existe peu d’outils concluants pour travailler ce domaine de façon structurée.
Voici les différentes séances pratiquées :
Des séances isolées autour de petits exercices :
Chercher les « p@reils » parmi un lot d’objets divers, donc catégoriser, qualifier, par la forme, l’usage, les possibles (c’est jaune, ça roule, c’est pour jouer, c'est doux, ça fait du bruit, c’est arrondi, ça contient un rond). Trouver ce que plusieurs objets choisis ont de « pareil »…Un vieux fichier de chez Sed (Pratique Orale de la langue cycle 2)propose plusieurs petites activités de ce type, parfois sympa.
Cet ouvrage est signé entre autres par Sylvie Cèbe et Rolland Goigoux, et comme les autres ouvrages sur lesquels ils ont travaillé (Phono, Catégo, Lectorino, Lector), il devrait faire partie des incontournables très bientôt.
En effet, l’outil est destiné à des MS/GS, mais il est tellement riche, qu’il peut éclairer notre pratique même dans les plus grandes classes. Je n’en ai exploité qu’une infime partie, car la démarche en maternelle s’inscrit dans des protocoles ritualisés et une progression très rigoureuse.
J’ai donc choisi de travailler sur l’histoire « au zoo », qui collait à un univers capable d’intéresser mes CE1, tout en leur apportant des choses, puisque qu’aucun d’entre eux n’avait mis un pied dans ce type d’endroit. J’ai suivi exactement le protocole recommandé dans l’ouvrage, mis à part que j’ai « ramassé » les séances réparties sur 2 ans.
Lors de la première séance, j’ai présenté tour à tour 5 images de l’histoire, dans le désordre. Il s’agissait d’observer, décrire le plus finement possible (qui, où, quoi), puis analyser, c’est-à-dire interpréter selon ses connaissances sur le sujet.
Avec la richesse des images, on voit bien tout ce que l’on peut préciser, en vocabulaire comme en connaissance du monde : « guichet, caisse, billet, ticket, gardien, entrée, plan... », mais aussi, pourquoi le papa a-t-il en main des tickets de différentes couleurs ? Pouvait-il les avoir avant d’arriver à ce guichet ?...
A chaque fois, on se demande pourquoi cette image va bien avec les autres, pourquoi elle fait partie de la même histoire, et au fur et à mesure, quel titre on peut donner à cette histoire. Gros débat sur cette image, il a fallu bien insister dans le questionnement pour que les élèves comprennent que cette boutique était dans le zoo.
La deuxième séance visait à apprendre à utiliser sa connaissance d’une histoire et à analyser les images pour trouver des indices du début et de la fin.
5 images ou phrases étaient proposées alternativement, et il fallait les placer sur une ligne de 9 cases, en se posant à chaque fois la question « Est-ce que ça peut être le début, la fin de l’histoire ? » et évidemment « Pourquoi ? ». Est-ce que l’histoire peut se finir comme ça ?
L’idée était aussi de faire comprendre que le début et la fin donnent sa cohérence à l’histoire mais qu’ils sont relatifs. En effet, il se passe toujours autre chose avant, et chacun a pu inventer une image supplémentaire au début et à la fin.
Là encore, cette image, nouvelle, a fait débat : ils partent au zoo ou ils partent du zoo ? Comment on le sait ? Pourquoi la petite fille fait cette tête ? Pourquoi n’ont-ils plus de chapeau ?...
Lors de la 3ème séance, il s’agissait de placer chaque image proposée au fur et à mesure sur la ligne de 9 cases. Bien sûr, on pouvait modifier les placements au fur et à mesure, car certaines images n’avaient jamais été vues. Ce que l’on pensait pouvait donc être remis en cause.
Pour certaines images, il fallait une observation et une justification fine pour trouver la place.
Alors, au début ou à la fin ?
Enfin, le plan du zoo nous permettait de placer les différents moments de la visite.
Enfin, lors d’une dernière séance, non prévue par ORDO, j’ai fait replacer les images dans l’ordre aux élèves individuellement, puis je leur ai fait enregistrer un livre interactif de l’histoire, avec une phrase par image.
Bref, vous le voyez, on est très loin des images séquentielles du bonhomme de neige qui fond à remettre en ordre! L'achat vaut vraiement le coup! (et le coût aussi, 12€65!!)